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La mise en place d’une convention de compte courant est une parfaite stratégie pour optimiser la gestion financière d’une structure. Ce document juridique formalise avec précision chaque avance de fonds réalisée par un associé au profit de sa société. 

Qu'il s'agisse d'un apport temporaire pour pallier un besoin de trésorerie ou d'un investissement à plus long terme, cet apport nécessite de la rigueur. La rédaction d'une convention de compte courant d'associé permet de fixer un cadre légal clair et sécurisé. 

En définissant les modalités de remboursement et le versement d'éventuels intérêts, ce document joue un rôle protecteur. Cette convention de compte sécurise effectivement les intérêts du prêteur tout en offrant une souplesse précieuse à l'entreprise. 

Tout entrepreneur qui souhaite piloter efficacement le passif de son bilan doit absolument maîtriser le fonctionnement de ce compte courant d’associé. En gros, un compte courant bien encadré par une convention permet de fluidifier les relations financières entre chaque associé et sa société.

Le financement d’une entreprise étant crucial lors de sa création comme au cours de sa vie, comment fonctionne ce prêt consenti à l’entreprise sans modification du capital social ? Quel est le rôle exact de la convention de compte courant d’associé ?

Qu’est-ce qu’un compte courant d’associé ?

Le compte courant d’associé désigne une solution de financement interne propre aux sociétés. Contrairement à un apport en capital social qui modifie la structure des parts sociales, ce dispositif constitue un prêt. L'associé, l'actionnaire ou le dirigeant met des fonds à la disposition de sa société pour répondre à un besoin de trésorerie.

Une notion comptable spécifique

Il faut bien comprendre que le compte courant d’associé n'est pas une convention en soi, mais une notion comptable. Il représente la dette que l’entreprise possède envers le prêteur. Cette somme est inscrite directement au passif du bilan de la société, car elle représente une dette.

Le statut de créancier de l’associé

En versant cet argent, l’associé ou le dirigeant acquiert un statut de créancier social. Il détient une créance nette envers l'entreprise. Et ce statut lui donne le droit de demander le remboursement des avances selon des modalités précises.

L’origine des fonds versés

Les sommes d'argent injectées dans la société peuvent provenir de trois sources distinctes. Cela peut être un versement direct de fonds par le biais d'apports volontaires. L'associé peut aussi choisir de laisser à la disposition de l'entreprise sa rémunération non perçue ou encore des dividendes non versés dont la perception a été différée.

Qui peut faire une avance en compte courant ?

Ce n’est pas tout le monde qui peut réaliser une avance en compte courant. La loi encadre strictement les entités et les personnes physiques autorisées à utiliser ce mode de financement.

Les personnes physiques éligibles

En pratique, l'avance en compte courant est accessible aux associés et actionnaires qui croient au projet et souhaitent soutenir directement la croissance de leur société. Mais cela ne s'arrête pas là : les dirigeants de l'entreprise (gérants de SARL, présidents de SAS/SASU, directeurs généraux), même s'ils ne possèdent pas de parts sociales, sont légalement autorisés à prêter des fonds par ce biais.

Cette flexibilité s'applique à un très large éventail de formes juridiques. Qu'il s'agisse d'une SARL, d'une SAS, d'une SASU (Société Unipersonnelle) ou encore d'une SCI (Société Civile Immobilière), ce dispositif soulage financièrement. Elle est aussi utile pour investir en SCPI si vous souhaitez faire un apport personnel en supplément à un crédit.

Depuis la loi PACTE, la condition de détenir au moins 5 % du capital social pour les associés personnes physiques a été supprimée dans la majorité des cas. Aujourd'hui, détenir ne serait-ce qu'une seule part ou action suffit pour ouvrir un compte courant d'associé.

Les personnes morales

Les structures juridiques ont aussi leur rôle à jouer pour soutenir la trésorerie d’une entreprise. Oui, certaines sociétés commerciales sont tout à fait autorisées à réaliser des avances de fonds au profit d'une autre entreprise. Mais pour ne pas enfreindre le monopole bancaire, la loi exige généralement un lien capitalistique entre les deux entités. Par exemple, une société mère qui détient des parts dans sa filiale.

C’est le pilier central des groupes de sociétés. Il se formalise très souvent par le biais d'une convention de trésorerie globale (ou cash pooling), qui permet de faire circuler l'argent de manière fluide et légale entre la holding et ses filiales selon les besoins de chacune.

Contrairement aux personnes physiques qui peuvent parfois consentir des avances sans intérêt, l'associé personne morale est soumis à des règles fiscales très strictes. Pour éviter d'être redressée pour acte anormal de gestion, la société prêteuse doit obligatoirement respecter la rémunération de son prêt par un intérêt. Sachant que le taux pratiqué est encadré par l'administration fiscale et ne doit pas dépasser le taux de référence légal pour rester déductible.

L’interdiction stricte du compte courant débiteur

Un compte courant d’associé ne peut pas être débiteur. Il s'agit d'un apport en fonds par l'associé à la société, ce qui signifie qu'il doit toujours représenter une créance de l'associé. Une situation de compte débiteur est illégale et pourrait être requalifiée en avance de fonds non autorisée, voire en abus de biens sociaux dans certains cas.

La convention de compte courant d’associé est-elle obligatoire ? 

Non, la rédaction d’une convention de compte courant d’associé n’est pas obligatoire par la loi. Ce contrat de prêt écrit reste une formalité purement facultative pour les parties. Mais il faut tout de même prendre certains éléments en compte avant de vous décider à mettre l’accord par écrit ou non.

Le risque de l’absence d’écrit

En pratique, de nombreux associés renoncent à rédiger ce contrat lors de la création de leur société. C’est souvent le cas lorsque la situation ou le besoin de formalisation est très limité. Pourtant, l'absence de document écrit peut compliquer la gestion et la protection des parties à long terme.

Pourquoi formaliser l’accord ?

Si l’associé prêteur veut sécuriser ses droits, il ferait mieux d’exiger ce document. La convention de compte permet de fixer et de définir les conditions du prêt en dehors des statuts de la société. Elle prend tout son sens dès que des modalités de remboursement spécifiques ou un taux d’intérêt sont convenus entre les parties.

Comment rédiger la convention de compte courant d’associé ?

Pour être valable et protéger les parties, ce contrat de prêt doit respecter la forme d'une convention classique. Le document est signé conjointement par l'associé prêteur et le représentant de la société emprunteuse.

Les formes alternatives d’intégration

Il est tout à fait possible d’envisager l'avance en compte courant dans un document plus global. Les fondateurs peuvent inclure ces dispositions directement dans les statuts de la société lors de sa création. 

Vous pouvez les intégrer dans un pacte d’associés ou d’actionnaires, ou encore dans une convention de trésorerie au sein d’un groupe de sociétés. Mais rédiger une convention de compte courant d’associé sous forme de contrat distinct reste la pratique recommandée car c'est un acte uniquement dédié à cette créance.

Trouver un modèle en ligne

Bien évidemment, pour vous aider dans cette démarche, vous trouverez sur Internet des modèles gratuits de convention de compte courant d’associé. Mais en passant par Contract Factory, vous avez droit à un accompagnement sur-mesure pour éditer un document parfaitement adapté aux spécificités de votre entreprise.

Les clauses à intégrer dans ce contrat

Pour assurer un accord complet et juridiquement sûr, la convention de compte doit inclure des clauses précises. Elles permettent de définir les obligations contractuelles de chaque partie sous peine d'engager leur responsabilité. Un manquement grave à ces règles d'équilibre financier pourrait être qualifié de faute de gestion opposable au dirigeant.

La clause des informations générales identifie clairement les parties prenantes du contrat. Elle doit inclure la dénomination sociale de la société, l’identité et l'adresse de l’associé prêteur. Le nom et le titre du dirigeant qui signe au nom de l’entreprise doivent aussi y figurer.

La clause de réalisation des apports précise les conditions dans lesquelles l’associé prête les fonds à la société. Elle indique le montant de l’apport et le type d’apport, à savoir si les fonds sont déjà mis à disposition ou s'il s'agit d'un engagement d’apport futur.

La clause des modalités de remboursement structure les conditions et le délai de remboursement. Elle décrit la procédure que l’associé doit suivre pour demander le remboursement et prévoit des sanctions pour retard.

La clause de rémunération établit le taux d’intérêt si l’apport est rémunéré. Elle fixe aussi la régularité des versements d’intérêts. La clause de blocage garantit à la société que les fonds resteront disponibles pour une période prédéfinie. Elle définit la période de blocage et les conditions de sa levée.

La clause de cession des titres anticipe les conséquences d’un transfert des actions de l’associé prêteur. Elle définit si le compte courant peut être transmis à l'acquéreur en même temps que les actions ou si l’associé doit obtenir le remboursement avant la cession.

Le remboursement des avances et la clause de blocage

Les sommes versées par un associé sur un compte courant sont remboursables à tout moment, sauf indication contraire. La société ne peut pas refuser de rembourser les avances sous prétexte de difficultés financières.

Le délai légal de remboursement

Si l’associé fait une demande de remboursement, la société dispose légalement d’un délai maximal de 5 ans pour rembourser la somme due. Si la situation de trésorerie l'exige, elle peut demander des délais de paiement jusqu'à 2 ans afin de gérer sa trésorerie sans se soustraire à son obligation.

La cause de blocage

L’intégration d’une clause de blocage temporaire vient modifier ce droit au remboursement immédiat en retardant la restitution pour des périodes définies. Ce blocage est souvent requis dans le cadre de financements bancaires. Cela garantit aux créanciers que les fonds de l’associé resteront disponibles comme capitaux permanents.

Le taux d’intérêt pour la rémunération de l’associé

Vous pouvez intégrer un taux d’intérêt pour la rémunération de l’associé prêteur dans la convention de compte courant d’associé. Mais pour un associé personne physique, la rémunération est facultative.

En revanche, la convention de compte courant d’associé doit obligatoirement inclure une rémunération si l’associé prêteur est une personne morale. Sans quoi, l'administration fiscale pourrait considérer cette absence comme une gestion anormale.

Si la société choisit de fixer un taux, elle peut librement déterminer son montant afin de générer des charges fiscalement déductibles. Cependant, cette déductibilité fiscale a des limites car l'administration fiscale impose un taux maximal, appelé taux de référence.

Au-delà de ce seuil, les intérêts versés ne sont plus déductibles du bénéfice imposable. Si le taux convenu dépasse ce seuil, seule la partie des intérêts en deçà du taux de référence sera déductible. Ce plafond de déduction varie en fonction de la date de clôture de l'exercice fiscal de la société.

La fiscalité de la convention de compte courant d’associé

Le régime fiscal des intérêts versés dépend directement des dispositions réglementaires, notamment l'article 39 et l'article 212 du Code général des impôts, ainsi que du bofip-Impôts sur les intérêts des avances.

Pour l'entreprise emprunteuse, les intérêts versés dans le cadre d’une convention de compte courant d’associé sont déductibles fiscalement. Cela reste possible à condition qu’ils n’excèdent pas le taux d’intérêt maximum fixé par l’administration fiscale.

L’associé, quant à lui, doit déclarer ces intérêts perçus comme revenus financiers. Pour les personnes physiques, ces gains sont généralement soumis à l'impôt selon les règles des placements financiers en vigueur.

Tout porteur de projet doit maîtriser les subtilités fiscales et juridiques qui entourent le compte courant d'associé s’il veut pérenniser l’équilibre de sa structure. Que vous choisissiez d'intégrer des clauses de blocage ou de fixer un taux d'intérêt, la rédaction d'une convention de compte courant reste la démarche la plus sûre pour protéger chaque partie.

Cette convention de compte fixe des règles claires, évitant ainsi tout litige ultérieur concernant le remboursement d'une avance ou le traitement des intérêts. Qu'il s'agisse d'une aide ponctuelle ou d'un soutien à long terme, l'apport en compte courant doit faire l'objet d'un formalisme rigoureux.

Si vous projetez de créer votre structure ou de formaliser les apports de vos partenaires, faites appel aux experts de Contract Factory. Ils vous accompagneront pas à pas dans toutes vos démarches administratives et juridiques.

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